Le CESSNA 305 "L19" Bird Dog



Profil du L19Faisant suite à un besoin exprimé par l'armée américaine en 1949, largement inspiré d'un avion de tourisme déjà produit en série, cet avion a été construit par CESSNA (Wichita Kansas USA).     Officiellement nommé « Bird Dog » (chien d'arrêt), l'avion, biplace en tandem et de construction métallique, équipé d'un moteur CONTINENTAL de 6 cylindres à plat, développant 213 ch  a été produit à plus de 3400 exemplaires.

De 1954 à 1993, de Saigon à Berlin en passant par l'Algérie, le Tchad et Djibouti, les L19 (10A et 126 E*)  ont été utilisés par l’A.L.A.T. dans des missions d'observation, de guidage, de liaison, de remorquage de cibles et, même sur la base de Dax, pour la formation des pilotes.

Les 10 A ont été mis au standard E.

Les 90 premiers E (série en 24-500) ont été livrés démontés à Blida.

Les 36 autres (série en 24-700) ont été livrés en pièces détachées et assemblés à Toussus-le-Noble.

Une fois retirés du service militaire français, certains avions ont servi à la surveillance des feux de forêt (au moins jusqu'en 1995) mais également au remorquage de planeurs (à partir de la fin 1984).

*sans compter les 64 L19A issus du MDAP et mis en oeuvre en Indochine.

 


Histoire d'une restauration.

Le CESSNA L19, « the lovelable one niner » comme disent les américains, est un avion qui a survolé maints  conflits mais qui n’est pas pour autant entré dans la légende.

La passion de l’aéronautique a été cultivé au fil du temps depuis les premières leçons de pilotage jusqu’aux vols aux commandes du PIPER PA19 (le L18 chez les militaires). Voler est déjà beaucoup, mais piloter un avion ancien dont on a pu assurer la restauration décuple le plaisir ressenti.

Il fallait alors passer à l’action. Restait à trouver l’objet volant qui n’attendait que cela. Ce fut le cas en 2005, en découvrant, sur l’aérodrome de Rion des Landes, un pauvre L19 laissé là, le nez vers le fond du hangar qui plus est, affublé d’une décoration « d’un autre monde ». L’oiseau de fer, qui avait survolé bien des régions de l’Algérie à Berlin, avait souffert de sa reconversion dans le civil lors de longues et pénibles séances de remorquages de planeurs mais, par la suite, lors de vols en basse hauteur pour la surveillance du réseau de gazoduc. La rentabilité primait alors ! Si il avait été blessé sous l’uniforme, il n’avait jamais été abandonné.

La boucle commençait à se boucler et l’histoire était présente en fond de scène ; L’ALAT, du PIPER L18 au CESSNA L19. La complicité  avec un camarade d’association  a peut-être influencé cela (il se définit comme un « grand malade » de l’histoire de l’aviation en particulier française, en particulier de l’ALAT).

Le 17 février 2006, l’avion était rapatrié à l’abri. Une longue série de travaux a été entamée et sera concrétisée  par une remise en vol le 30 octobre 2009. Des moments passés assis sur la roue à réfléchir à un acte technique particulier,  d’autres fois à penser aux futurs vols ou bien à songer aux anciens et à ce qu’ils ont vécu  à son bord,  naîtra un sentiment si particulier, si difficile à décrire, un véritable amour avec « le L19 » et son histoire.

D’autant qu’après avoir travaillé sur l’aspect mécanique, un certain nombre d’heures ont encore été indispensables à la maîtrise du pilotage ; ce qui développe une autre forme de sentiment, le respect de l’homme envers la machine.